
Odissey musicale - Résolu à ce que son groupe ne tombe pas dans un hard rock pompier, Santana décide après avoir découvert la musique de Coltrane et du Miles Davis de « Bitches Brew », de prendre la voie étoilée d une world fusion piochant aussi bien dans le jazz que le rock ou les rythmes africains. En résulte un album sans compromis, magnifique voyage musical, essentiellement instrumental, ou s alterne transes illuminées (La fuente del ritmo) et sublimes moments d accalmie (Eternal caravan of reincarnation, Song of the wind), les deux se côtoyant parfois au sein d un même morceau (All the love in the universe). Dans cette orgie d instrumentations (presque une dizaine de musicien participeront aux séances de l album, marquant ainsi la fin du groupe dans sa première configuration) on remarque plus particulièrement la crépitante section rythmique (un batteur et plusieurs percussionnistes), qui donne au disque son coté foisonnant, bouillant, chaleureux, ainsi que, bien sur, le jeu de guitare céleste de Carlos Santana. Sur « Every step of the way », effort épique qui clôture l album, celui-ci atteint un niveau d expressivité émotionnelle inédit. Aspiré dans un maelström sonique le guitariste nous offre une ultime chevauchée héroïque, faisant hurler sa guitare dans un solo au phrasé convulsif. C est l asseau final d un gang qui se désagrégera peu après la sortie de l album. Il y a effectivement certains voyages dont on ne revient pas indemne.